Objectif plein emploi ?

 

Une seule idée ressort de la primaire de la gauche, le revenu universel garanti, sujet qui a suscité les plus longs échanges, bien que son simple coût, 400 milliards d’euros annuels, soit l’équivalent du budget actuel du pays, aurait dû le disqualifier en quelques secondes.

 

Au-delà de l’incongruité du sujet, un projet de revenu versé à tous les Français à partir de l’âge de 18 ans sans reposer sur un quelconque travail montre bien dans quel état de déliquescence idéologique se trouve la gauche.

 

Sans ressource et sans idée pour endiguer la montée inexorable du chômage de masse, elle en est réduite à proposer des solutions qui n’auraient même pas été retenues par un régime collectiviste au temps de la guerre froide.

 

Privilégier l’économie au traitement social

 

Le faible et tardif regain sur le front du chômage ne trompe même pas les Français sur l’ampleur du désastre : avec près de 10% de demandeurs d’emploi à l’issue du mandat de François Hollande, la France est à des années-lumière de l'Allemagne (4,1%) ou du Royaume-Uni (4,7%).

 

Pire encore, ce résultat catastrophique est obtenu grâce à un recours massif aux emplois aidés (1,5 millions).

La France a fait depuis trop longtemps le choix de préférer le subventionnement de l’emploi et le traitement social du chômage à la libéralisation du marché du travail.

 

Or, les résultats démontrent que le traitement social du chômage conduit à étatiser l’emploi, dénaturer le prix du travail et entraîner des effets d’aubaine. Il est temps de mettre fin à ces mesures archaïques, imaginées par les socialistes mais hélas trop souvent reprises par une droite elle aussi en manque d’imagination.

 

Seules la compétitivité économique des entreprises et une forte productivité du travail de la main d’œuvre peuvent entraîner la reprise de l’emploi nous ramener vers le plein emploi que nous avons perdu de vue à la fin des années 1970.

 

Deux axes essentiels doivent être privilégiés pour qu’à terme nous puissions diviser le nombre de chômeurs par deux, afin de ramener, en l’espace de quelques années, le pays au plein emploi avec un taux de chômage à 5%.

 

Premier axe : mettre en place un environnement favorable à la création d’emplois par les entreprises.

 

Mesures : Baisse de 50 milliards d’euros des charges et impôts sur les entreprises, économies de 110 milliards en cinq ans sur le budget de l’Etat, refonte de la fiscalité du capital en instaurant une taxe forfaitaire modérée et en supprimant l’ISF, réorientation de l’épargne vers l’investissement, simplification du code du travail et du contrat de travail.

 

Second axe : faciliter l’accès à l’emploi.

 

Mesures : suppression des emplois aidés et redéploiement des fonds associés vers les entreprises pour supprimer les charges sociales sur l’apprentissage et le développer comme en Allemagne (1,5 millions d’apprentis contre 0,4 millions en France), plafonnement des allocations chômage à 75% avec une dégressivité, réforme en profondeur de la formation professionnelle, création d’une prestation sociale unique permettant un meilleur contrôle de toutes les aides accordées par l'État et pour que les revenus du travail soient toujours supérieurs à ceux de l’assistance.

 

Enfin, le développement du travail indépendant, avec le renforcement de auto-entrepreneuriat et la réforme du régime social des indépendants (RSI).

 

Ce qui est révolutionnaire dans ce programme, c’est l’idée que l’emploi reviendra en France par les entreprises et non du fait de l'État.

Sans oublier de s’inspirer sur ce qui fonctionne à l’étranger, ce qui n’est pas dans les habitudes en France, car notre technostructure a toujours été persuadée que c’est elle qui détenait la vérité.

 

Il est temps que de nouvelles vérités s’imposent pour que l’on puisse, comme certains de nos voisins, revenir au plein emploi.