Circulez, il n'y a rien à voir...

L’épisode de pollution extrême en région parisienne que nous avons connu début décembre, au-delà de sa longueur et son ampleur inquiétantes, a viré au cauchemar pour des millions de Franciliens pris au piège des décisions hâtives prises par les pouvoirs publics et des erreurs cumulées par les socialistes quand ils étaient aux commandes de la Région.

 

La mise en place de la circulation alternée, qui devait en théorie diviser par deux le niveau de pollution automobile, a tourné au fiasco, un certain nombre d’automobilistes ayant bravé l’interdiction, tout simplement parce qu’ils n’avaient pas le choix, n’ayant pas de solution alternative en transport en commun ou en co-voiturage.

 

Ce sont les mêmes qui viennent aussi quotidiennement gonfler les bouchons créés par la décision absurde et unilatérale de la maire de Paris de fermer à la circulation la voie Georges Pompidou.

 

Si l’on rajoute que les forces de police, déjà épuisées par des mois de présence sur le terrain pour sécuriser les Parisiens depuis le drame du Bataclan, n’ont pas déployé de moyens coercitifs pour faire appliquer la mesure, on arrive à un vaste coup d’épée dans l’eau et un aveu d’impuissance caractérisé.

 

Un matériel de 70 ans

Pour compliquer cette situation, est survenu le désordre indescriptible créé par la rupture d’une caténaire sur le réseau nord de Paris qui a bloqué pendant deux jours non seulement le trafic banlieue, mais aussi les TGV et même le Thalys, on arrive à une situation totalement ubuesque.

Et quand on sait que la caténaire en cause n’avait pas été remplacée depuis 70 ans, à tel point que les pièces détachées indispensables n’existent plus, on ne peut qu’être consterné par l’état de délabrement des infrastructures de transport de notre région capitale qui se targue de faire partie des grandes métropoles européennes, voire mondiales.

 

Nous payons en la matière la gestion à courte vue et l’absence d’investissement flagrante de l'État, de la SNCF entièrement concentrée sur les lignes TGV, et de la Région Ile-de-France, gérée pendant dix-huit ans par les socialistes.

 

Depuis l’élection à la présidence en décembre 2015 de Valérie Pécresse, le STIF (Syndicat des Transports d’Ile-de-France) met les bouchées double pour essayer de rattraper ce retard, mais la situation reste préoccupante et l’absence d’entretien des réseaux met notre dispositif Paris-banlieue en situation de péril.

 

Le silence assourdissant de madame Royal

 

C’est pour cette raison que Valérie Pécresse a demandé le 7 décembre la suspension des mesures de circulation alternée, demandant par ailleurs « au gouvernement d’accélérer les investissements prévus pour la régénération des infrastructures ferroviaires à hauteur de 800 millions par an et de recruter les personnels nécessaires pour mener ces travaux, comme le réclame le STIF depuis plusieurs mois. »

 

Bien entendu, cette demande n’a pas été entendue par le Gouvernement et chacun a pu constater le silence assourdissant de madame Royal, ministre de l’environnement, trop occupée à réparer les dégâts causés par  ses déclarations hallucinantes sur la disparition de Fidel Castro et la démocratie à Cuba.

 

Et pendant ce temps, la galère continuait pour tous les Franciliens – et en particulier ceux des départements de seconde couronne comme le Val d’Oise -, victimes de l’incurie caractérisées des pouvoirs publics et de l'aveuglement coupable de madame Hidalgo, otage consentante des Khmers verts parisiens.

 

Ce qui n’a pas empêché monsieur Valls de quitter Matignon à bord d’un véhicule dont les plaques n’étaient pas autorisées.

Circulez, il n’y a rien à voir…