Turquie : un marché de dupes

En échange d’une promesse de reprendre en Turquie les migrants passés en Grèce, la Turquie de M. Erdogan a obtenu de l'Union européenne non seulement une aide de 6 milliards d'euros, la libéralisation annoncée pour cet été des visas des citoyens turcs vers l'Europe, mais également l'ouverture d'un nouveau chapitre de négociations conduisant à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

 

C’est un marché de dupes, et à plusieurs titres :

1 - Ramenés en Turquie, les migrants n’ont de cesse que de repasser le bras de mer qui les sépare de l’Europe, ce sont donc des milliards dilapidés pour acheter une fausse tranquillité.

  

2 - L’Europe a consenti à la Turquie de reprendre les pourparlers préparant à l'adhésion de ce pays à l'Union européenne, alors qu’elle est très loin de remplir les critères nécessaires pour y être admise, ne serait-ce que parce que la Turquie n'est pas un pays d'Europe mais d'Asie et qu'elle n'a pas vocation à devenir un pays européen.

   

Mais il semble que certains aient tout intérêt à voir entrer dans l’Union européenne ce pays de 80 millions d’habitants, doté d’un pouvoir quasi-dictatorial, dans lequel les droits de l’homme et ceux de la femme sont bafoués tous les jours.

    

Mais curieusement, la Turquie a pu passer de 19 à 67 critères remplis en deux mois, grâce à la complaisance de la technostructure bruxelloise et à la lâcheté de nos dirigeants français.

     

Nous avons heureusement un garde-fou, à la suite d’un amendement à la réforme constitutionnelle de 2008 que j’ai porté quand j’étais député avec quelques collègues (P. Devedjian, Ph.Vitel, F. Lefevre,...) en 2008.

     

Nous avons obtenu à l’époque l’obligation d’un référendum pour l’admission d’un certain nombre de pays, dont la Turquie.