Pour que la jeunesse ne soit pas un naufrage

A l‘approche d’une échéance électorale importante, une fois de plus la jeunesse est dans la rue.

 

Enfin, soyons précis, il s’agit d’une certaine jeunesse, dûment encadrée par des groupuscules gauchistes, qui a pris cette fois-ci le prétexte du projet de loi Travail pour étaler les états d’âme et les angoisses d’une génération sacrifiée.

 

Car cette jeunesse qui devait être le grand projet de la présidence Hollande prend conscience de la gigantesque tromperie de ce quinquennat catastrophique.

Les 60 000 recrutements d’enseignants annoncés à grands coups de trompette se sont volatilisés dans les couloirs d’une administration éléphantesque et les professeurs absents ne sont toujours pas remplacés.

 

Le passage de Madame Belkacem à l’Education nationale n’aura accouché que d’une réforme des collèges qui signe la mort annoncée des humanités et ne laisse aux diplômés du bac qu’un chiffon de papier.

Ce qui n’empêche pas des centaines de milliers d’étudiants de s’entasser sur les bancs des facultés dans des filières n’offrant ni perspectives ni débouchés.

 

Et pour ceux qui arrivent au bout, le triste choix entre la "garantie jeunes" et, pour les meilleurs d’entre eux, une expatriation forcée ou choisie vers des destinations plus accueillantes et des situations plus intéressantes.

Une fuite des cerveaux et des compétences qui nous rapproche plus d’un profil de pays en développement que de la 6e puissance mondiale que nous croyons toujours incarner.

 

Constat terrible, constat alarmant, car à travers le désenchantement de notre jeunesse, ce sont les forces vives d’un pays qui s’étiolent, c’est l’avenir d’un pays qui s’assombrit.

 

Si la droite de retour au pouvoir en 2017 doit se fixer un objectif pour notre jeunesse, c’est déjà d’arrêter l’hémorragie et j’irai même plus loin : leur donner envie de revenir vivre et travailler en France !

 

Car il y a moyen d’agir, il y a des solutions que je prône depuis longtemps (avec d'autres) mais que la classe dirigeante n’a pas voulu entendre, soit par excès d’idéologie, soit par aveu de lâcheté.

Il y a des années que je réclame cette grande réforme de l’Education nationale qui nous débarrasse enfin du diktat de mai 68.

  

Une école primaire dans laquelle les enfants apprennent à lire, écrire et compter ; la fin du collège unique et la revalorisation des filières techniques et de l’apprentissage ; la fin de l’université pour tous et le retour à une sélection qui permette à chacun de trouver la voie qui lui convient le mieux.

Il y a des années que je dis que la suppression du service national a été une erreur, que le coût social de la déstructuration de notre jeunesse est bien supérieur aux économies réalisées.

 

Je défends la remise en place d’un service national pour tous, garçons et filles, militaire ou civique, avec un double objectif : d’abord que l’ensemble des jeunes donne un peu de son temps à la collectivité nationale qui a financé leur éducation ; ensuite que ceux qui en ont besoin y trouvent une autorité, un cadre, une discipline qui rompe avec leur pratique de la rue ou de la cité.

 

Il y a des années que je m’indigne de voir certains jeunes cracher sur notre drapeau ou refuser l’hymne national, de voir que les modèles de réussite proposés soient des footballeurs à crête de coq ou des rappeurs éructant.

Car la vraie jeunesse, c’est tout autre chose, c’est la foi en l’avenir, l’enthousiasme de la découverte, la perspective de rencontres enrichissantes, l’idée d’avoir tout à construire et tout le temps et l’énergie pour le faire !

    

Alors quand je vois le gouvernement reculer devant quelques syndicalistes lycéens bredouillants, quand je vois que tout ce qu’on leur propose, c’est d’acheter leur silence avec des promesses de bourses prolongées, de "garantie jeunes" et de mutuelle universelle, le tout payé avec un chèque en bois, oui je m’inquiète et j’ai mal à ma France.

  

« La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort. » disait le général Mac Arthur.

Voilà ce que je voudrais entendre aujourd’hui, voilà ce que nous devons rendre à notre jeunesse pour qu’elle redevienne l’espoir et la fierté de notre pays.