Nous sommes tous des paysans français

Après des semaines et des mois de contestation croissante, le dernier Salon de l’agriculture a été le théâtre de l’impasse tragique dans lequel le gouvernement socialiste a emmené nos agriculteurs et l’ensemble de la ruralité française.

     

Bien évidemment, je ne cautionne ni les dégradations ni les mots violents prononcés à l’égard de l’autorité publique.

Mais je comprends le désespoir de tous ces petits agriculteurs qui sont en train de crever, oui de crever dans leur coin, dans l’indifférence du pouvoir politique, qui fait le calcul sordide que les campagnes ne lui ont de toute façon jamais fourni de bataillons d’électeurs.

   

Rendez-vous compte : beaucoup d’agriculteurs, une fois leurs charges payées, sont en en revenu négatif, c’est-à-dire qu’ils perdent de l’argent à travailler ! Mais quelle profession accepterait de travailler 50, 60, voire 70 heures par semaine sans gagner un centime ?

    

C’est inimaginable, comme il est inimaginable de voir dans un reportage télévisé un agriculteur, dont l’admirable métier est de nourrir les êtres humains, se rendre les larmes aux yeux jusqu’aux Restos du cœur.

 

Voilà l’impasse dans laquelle nous a conduit un système dans lequel l’on a essayé de transformer nos paysans en gestionnaires, dans lequel le prix du marché est fixé par des règles absurdes imposées par la spéculation mondialisée, dans lequel le distributeur gagne plus que le producteur, dans lequel on va chercher de plus en plus loin des produits que l’on pourrait produire nous-même.

   

Ce qui frappe le plus dans cette affaire tragique, c’est de constater l’impuissance réelle ou affichée du pouvoir politique. « Nous allons essayer de faire pression sur Bruxelles » se défend mollement François Hollande.

 

Mais ce que les agriculteurs et les Français attendent, ce n’est pas un président faisant pression, ce qui est le rôle des lobbies, des syndicats, des partis politiques. Ils attendent un président qui prenne des décisions, qui agisse, qui n’hésite pas à taper sur la table ou à quitter la salle des négociations s’il n’arrive pas à ses fins. Bref, un président qui gouverne, mais, pour gouverner, il faut un gouvernail et une direction, ce dont monsieur Hollande semble totalement dépourvu.

     

Comme l’a déclaré le président de Républicains Nicolas Sarkozy, il faut mettre en place un véritable plan d’urgence pour la ruralité.

    

Et il faut y mettre des moyens.

    

Comme nous avons trouvé des milliards à consacrer dans la rénovation des cités (et autres billevesées de la politique de la ville), nous avons le devoir de trouver les mêmes ressources pour la préservation de nos campagnes : la défense de notre agriculture, le maintien des services publics en zone rurale, la protection du paysage et du formidable patrimoine que représentent nos champs, nos bois et nos villages.

 

On ne le dit jamais assez, tout cela est essentiel à la défense de l’identité nationale. Si nous voulons résister à la mondialisation, si nous voulons empêcher l’uniformisation des valeurs, la généralisation de la malbouffe, si nous voulons éviter que nos campagnes et nos villages continuent à se désertifier, la défense de la ruralité doit devenir une grande cause nationale.

          

Aujourd’hui, j’ose le dire : nous sommes tous des paysans français !