Terrorisme : ne pas avoir la mémoire courte

Des dizaines d’experts tirent le signal d’alarme depuis des mois : les attentats du 13 novembre étaient prévus et largement décrits à la fois dans leur ampleur et leur mode d’action…seule la date de l’action n’était pas connue.

 

On voit la limite du déploiement massif de soldats dans la rue. Ils étaient plus de 7000, leur nombre va être ramené à celui post attentats de janvier soit près de 10 000. Cela n’a pas empêché les actions du 13 novembre.

 

Plus que la communication et l’affichage, c’est l’efficacité des services et les moyens qui leur sont donnés qui compte. Comment mobiliser plus alors que nos armées et nos forces de sécurité sont déjà totalement surexploitées ?

Il faut rappeler que ni Madrid ni Londres après les attentats qu’ils ont connus n’ont mobilisé l’armée (c'est une spécificité française).

 

La plupart des experts soulignent le manque de préparation et de sécurisation de Paris, pourtant régulièrement menacée. Les cibles visées (Stade, lieu culturel) sont très largement décrites et connues dans la propagande djihadiste (Militaires et représentants des forces de l’ordre, Juifs et manifestations sportives et culturelles sont parmi les cibles désignées par le théoricien de l’EI).

 

Les actions spectaculaires à la 11 septembre sont terminées, l'État Islamique n’est pas Al Quaeda, ils ont compris largement les faiblesses de nos sociétés pacifiées…. Cette compréhension résulte en grande partie du nombre conséquent de nos ressortissants qui se rendent dans les zones qu'ils contrôlent.

 

Aujourd'hui, la question se pose sur la « sur réaction » post janvier 2015… Problème de l’immédiateté, de la communication, de l’ultra émotivité d’une population qui pense pouvoir être en paix alors qu’une grande partie du monde proche est à feu et à sang et que ses armées interviennent depuis des années sur des zones de conflits particulièrement dures !

 

Peut-être faut-il songer à enfin nommer les choses par leur nom et cesser le vocable en arabe de « Daesch » que seule la France utilise parmi les chancelleries occidentales. Pour combattre les choses, il faut les nommer, nous avons face à nous autre chose qu’une organisation nébuleuse…


L’Etat Islamique détient un territoire grand comme quasiment la France, remet en cause des accords internationaux datant de 1917, bat monnaie, vend du pétrole, promeut un système éducatif, recrute et paie des combattants, communique…

Le mode opératoire démontre que l'État Islamique a des troupes et n’hésite pas à les sacrifier (pas de cagoule, mode opératoire simple, kamikazes...).


Il faut enfin ne pas avoir peur de rappeler qu'à l'Assemblée Nationale, le groupe les Républicains a systématiquement pris ses responsabilités en votant les textes anti terrorisme.


Il a en revanche systématiquement dénoncé les lacunes et les manquements de ces textes : par exemple, le texte sur le renseignement ne comportait aucune mesure sur la perte de nationalité, la lutte contre le retour des djihadistes, le processus de dé-radicalisation ou l’isolement des détenus islamistes (les amendements en ce sens ont été systématiquement repoussés par la majorité) ; par ailleurs sur pression de Christiane Taubira, le renseignement pénitentiaire a été sorti du texte initial alors que la prison reste un des lieux majeurs de la radicalisation.


Les députés les Républicains avaient également demandé dès 2013 la fin des suppressions de postes dans les armées car on ne peut pas dire qu’on est en guerre et ne pas y mettre les moyens…..