Une guerre d'une autre nature

Mes premières pensées vont vers les victimes et leur famille, celles qui pleurent leurs morts comme celles qui sont au chevet des blessés auxquels je souhaite un rapide rétablissement.


Je pense aussi à la France qui vit un des moments les plus terribles de son histoire récente, à travers cette vague d’attentats aussi aveugle que lâche.

Face à cet islamisme radical qui nous a déclaré la guerre, nous devons faire front et parler d’une seule voix, faire taire nos divisions et nous mobiliser pour répondre à cette agression qui ne sera hélas pas la dernière ni la plus dramatique de ce qui nous attend.


Après les discours de circonstance et la déclaration d’état d’urgence, mon inquiétude repose sur notre capacité à répondre à ces attaques avec la plus grande efficacité, sur le front extérieur comme sur le front intérieur.


Sur le front extérieur, il est évident que la stratégie et les moyens employés ne suffisent pas à faire reculer l’avancée de Daesh, encore moins à l’éradiquer.

La seule issue passe par l’élargissement et le renforcement de la coalition en combattant la main dans la main avec la Russie et l’Iran.

Ce n’est plus l’heure de "chinoiser" sur les menaces expansionnistes de l’un ou le régime dictatorial de l’autre.

Nous avons un ennemi commun qu’il nous faut détruire avant qu’il nous détruise et pour cela les forces alliées n’ont plus le choix : il faudra descendre sur le terrain pour le traquer jusqu’au dernier combattant et en assumant le risque de perdre des hommes. On ne peut pas faire de guerre sans compter de victimes, sachant les combattants d’en face sans foi ni loi.


Sur le front intérieur, je rejoins les propos de Nicolas Sarkozy qui réclame « des inflexions majeures » dans la politique de sécurité gouvernementale. Il est évident que le traitement des candidats au Jihad et leur retour sur le territoire français n’est pas adapté à la situation de guerre.


Il est évident que la surveillance des terroristes potentiels et des cellules dormantes n’est pas suffisante pour prévenir des attentats qui ne sont plus ceux d’individus isolés et maladroits mais ceux de commandos entraînés et téléguidés. Il est évident que les forces de police même renforcées par l’armée ne sont pas assez nombreuses pour protéger tout le monde tout le temps.

La disparition du service militaire obligatoire il y a près de vingt ans nous prive d’une armée de réserve capable de venir renforcer voire suppléer les forces de l’ordre. Les seuls jeunes sachant utiliser une arme de guerre sont malheureusement les voyous et les trafiquants, se servant sans vergogne dans les réserves dissimulées dans les caves des cités.


J’adhère totalement au commentaire de Bruno Le Maire : "Nous ne pouvons plus  fermer les yeux. Nous ne pouvons plus rester sourds face aux propos  inacceptables qui sont tenus depuis des années sur le territoire de la République contre la France. Nous ne pouvons plus continuer à tolérer des comportements qui sont contraires à ce que nous sommes et avec notre Nation. Il ne doit plus y avoir de paix en France pour tous ceux qui détestent ou qui méprisent la France. Cela suffit. Et cela doit cesser."


Depuis longtemps, un pays comme Israël vit en permanence avec cette menace terroriste et les citoyens israéliens sont formés psychologiquement et militairement à faire face à tout moment à une attaque au couteau comme à l’irruption d’un homme armé. Cela ne les immunise pas contre la violence terroriste, mais cela leur permet de réagir rapidement et collectivement à chaque attaque.


Je ne sais pas si c’est le modèle à suivre, mais je suis certain que nous ne pourrons pas gagner cette guerre sans une prise de conscience collective et un engagement de chacun au service de la cause qui nous rassemble : l’amour de la France et la défense de nos libertés.