Y-a-t-il encore un pilote dans l'avion ?

Depuis trois ans, le président de la République et le gouvernement nous

ont habitué à accumuler bavures, cafouillages et approximations, mais, sans doute sous la pression électorale des Régionales voire des  Présidentielles, ces derniers mois les ont vu réaliser un feu d’artifice, dont on espère que ce sera le bouquet final.


Le gouvernement nous en a offert une rafale avec une belle séance de rétropédalage face à la colère des veuves et des handicapés découvrant qu’ils étaient lourdement pénalisés fiscalement, sans parler de la réforme de la Dotation Globale de Fonctionnement, cerise sur le gâteau après les coupes sombres dans les dotations aux collectivités territoriales : à quinze jours du Congrès des maires de France et à un mois des élections régionales, Manuel Valls a jugé prudent de reporter à 2017 cette nouvelle bombe à retardement.


Reculade aussi sur la hausse brutale de la taxe sur le foncier non bâti, qui avait bondi dans certaines communes et notamment dans le Val d‘Oise, décision qui va être finalement être modifiée et adoucie dans le cadre du budget 2016.


A titre individuel, les ministres socialistes ont aussi rivalisé d’efforts dans la production de bévues et boulettes, entre le ministre de l’économie Michel Sapin encourageant les contribuables touchés par les ponctions fiscale à ne pas payer leur impôt, la ministre du travail et de l’emploi, Myriam El Khomri, séchant sur le contrat à durée déterminée et la ministre de la culture et de la communication, Fleur Pellerin, qui, après avoir avoué ne pas lire, s’est montrée incapable d’allumer le téléviseur ni de se servir du téléphone de son bureau.


Tout cela pourrait être comique, si l’on oublie que ces images tournent en boucle sur les réseaux sociaux du monde entier et que c’est la crédibilité et l’image de la France qui sont en cause.


La crédibilité et l’image de la France, voilà ce qui devrait être la principale préoccupation du président de la République.


Malheureusement, celui-ci s’est lancé dans la course à une hypothétique réélection, ce qui nous vaut une brochette de sorties et de promenades médiatisées à travers le pays, la plus pathétique étant celle de « la visite à Lucette » du côté de Nancy, dont la scénarisation a été naïvement révélée.


Pendant ce temps, le monde avance sans nous et il est évident que le président Hollande n’a pas la main, ni au Proche-Orient malgré quelques bombardements si rares qu’on peut les compter… sur les doigts d’une main, ni en Europe de l’Est où la posture ridicule de la France face à la Russie de Poutine lui vaut aujourd’hui d’être sorti du jeu géostratégique. 


Il nous reste la COP21 sur laquelle le président de la république mise pour redorer son blason et se poser en sauveur du monde : malgré les prévisions peu encourageantes, souhaitons quand même que ce sommet sur le climat soit une réussite, dans l’intérêt de nos enfants et petits-enfants.

Après les premiers cafouillages du mandat de M. Hollande, on pouvait se demander si cela est la faute de la malchance ou le fruit de l’inexpérience.


Au bout de trois ans d’exercice, la seule question qui se pose est la suite : y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?