Logements sociaux : et maintenant voici l'Etat squatter...

Les communes dans le viseur du Gouvernement.
Les communes dans le viseur du Gouvernement.

Les annonces du Premier Ministre à grands renforts d'agitation médiatique pour la question des logements sociaux ne manquent pas de sel !


Il est clair que le Premier Ministre après ses échecs répétés - en matière économique, en matière d'emploi, en matière de lutte contre l'insécurité - tente de se refaire une aura en pointant du doigt -un doigt qui tente de masquer la forêt de ses défaillances- les maires dont les villes sont carencées et qui refuseraient (?) la construction de logements sociaux ; ils seraient devenus pas moins que des ennemis de la Nation.


Manuel Valls va donc proposer, entre autre, que les Préfets agissent en lieu et place de ces maires qui oseraient défier la République...socialiste !


Ainsi les Préfets pourront-ils préempter en lieu et place des édiles : c'est oublier un peu vite que droit de propriété est un droit constitutionnel et que l'État devra payer le juste prix que le juge fixera.

De plus si l'État passe par la procédure d'expropriation il subira tout comme les maires la longueur des procédures qui peuvent durer plusieurs années...
Ainsi les Préfets pourront-ils désormais se substituer aux maires pour attribuer les logements du "contingent municipal" . Voilà l'État squatter !


Faut-il rappeler que les contingents municipaux sont attribués aux maires car leurs villes versent des subventions aux bailleurs sociaux qui construisent . Ces derniers demandent des aides financières pour boucler leurs opérations, ainsi que des garanties d'emprunts des villes.


C'est inadmissible -voir sans doute anticonstitutionnel- que l'État s'arroge le droit d'attribuer les logements des contingents réservés aux villes, alors que dans le même temps il baisse fortement la Dotation Globale de Fonctionnement aux collectivités locales de 12 milliards d'euros.


Il faut savoir aussi qu'il existe des centaines de milliers de logements vacants en province dont des dizaines de milliers de logements sociaux dans des villes à taille humaine, mais il faut aider les entreprises à s'y installer. Cela relève de l'aménagement du territoire donc de... l'État.


A la vérité, au lieu de regarder les réalités en face et de pratiquer une politique de conventionnement avec les communes afin de déterminer ce qui est possible de faire et ce qui ne l'est pas, ce gouvernement empêtré dans ses contradictions, préfère l'autoritarisme idéologique.