Lutte anti-terroriste : sans état d' âme

V. Poutine et F. Hollande : deux conceptions de la lutte anti-Daech
V. Poutine et F. Hollande : deux conceptions de la lutte anti-Daech

Pendant que l’Europe se déchire sur la façon de traiter les centaines de milliers de réfugiés qui fuient la guerre, Daech continue à avancer ses tentacules jour après jour sur le Proche-Orient, dans notre direction.

 

Il ne faut se faire aucune illusion : Daech et les islamistes radicaux nous ont déclaré la guerre et nous ne pourrons pas leur résister avec des bons sentiments et de nobles intentions.

  

La stratégie molle chère à Françoise Hollande, qui croit pouvoir gérer la cinquième –pardon maintenant la sixième - puissance mondiale comme il a si mal géré la Corrèze ou le Parti Socialiste n’est plus de mise.

La priorité aujourd’hui est de hiérarchiser les dangers et les ennemis.

 

Et quoi que l’on pense de Bachar El Assad, il est moins dangereux pour nous que ne le sont les combattants djihadistes. Alors, avant de parler du remplacement du dictateur syrien, concentrons nos efforts et nos moyens sur l’éradication du pseudo État Islamique.

 

Pour cela, nous avons besoin de deux alliés : les états arabes eux-mêmes menacés par l’expansionnisme fondamentaliste – les seuls qui puissent intervenir efficacement au sol – et la Russie qui détient la clé de la solution syrienne.

Il faut donc que le président et le gouvernement se libèrent d’un « droit-de-l’hommisme » d’un autre âge pour regarder la situation avec lucidité.

 

Pendant que nous somme empêtrés dans l’affaire des porte-hélicoptères Mistral vendus mais pas livrés à la Russie parce que le gouvernement s’est couché devant les Américains, ces mêmes Américains discutent avec les Russes.

 

Pendant que nous essayons de revendre ces bateaux pour récupérer les deux milliards d’euros perdus avec cette décision stupide, les autres puissances mondiales sont en train de rebattre les cartes du Moyen-Orient.

Et il y a tout à craindre, une fois de plus, que la partie se joue sans nous. Faut-il se résigner à n’être plus qu’une moyenne puissance ? Doit-on se contenter de subir et de voir nos intérêts menacés partout dans le monde et même sur le territoire français ?

 

La France et l’Europe ont besoin de la Russie, parce que la Russie est un allié naturel dans cette guerre, parce qu’elle combat depuis vingt ans le terrorisme islamiste sur ses frontières, que ce soit au Caucase, en Asie centrale et même dans sa capitale, où ont eu lieu des attentats terriblement meurtriers.

 

Alors, de grâce, messieurs nos gouvernants, arrêtez l’angélisme et regardez les choses en face. C’est une guerre sans merci qui est engagée, c’est une guerre de civilisation, un combat pour nos valeurs et nos libertés.

 

C’est un combat que nous avons le devoir de remporter si nous voulons avoir quelque chose à léguer à nos enfants. Allons-y donc sans état

d’âme et avec pragmatisme, car seule la victoire sera belle !

  

Jean-Pierre Chevènement a donné au Figaro une excellente interview sur le sujet dans laquelle il fustige la pusillanimité du gouvernement actuel :

« Le véritable humanisme consiste à éliminer Daech dans les délais les plus courts. Il est nécessaire d'établir clairement les priorités.

Comme disait Jaurès, «si on veut aller à l'idéal, il faut d'abord commencer par comprendre le réel».

Sur ce point, Jaurès a mille fois raison !