Budget de l'Etat pour 2016 : les premiers enseignements

Les premiers chiffres

 

Déficit public : Selon les prévisions du gouvernement, il s’élèvera à 3,8 % du PIB en 2015 et 3,3 % en 2016. Si l’objectif pour 2015 est pratiquement acquis, celui pour 2016 semble difficilement atteignable. Le déficit du budget de l'Etat s'inscrira à 72 Md€ contre 73 Md€ l’an dernier.

 

Dépenses publiques : Le Projet de Loi de Finance (PLF) pour 2016 confirme le ralentissement de la dépense publique.

L’ensemble ne progresserait que de 1,3 % (hors crédit d’impôt), après 1 % en 2015. Selon le Haut conseil des finances publiques (HCFP), « des risques significatifs » pèsent sur cet objectif.

 

Dette publique : À la fin du deuxième trimestre 2015, la dette publique s'établit à 97,6 % du PIB, soit 2 105 Md€, en hausse de 16 Md€ par rapport au trimestre précédent (source Insee). Ce niveau d'endettement à mi-année est déjà supérieur à celui que le gouvernement vise pour 2015 (96,3 %).

 

Croissance : Le gouvernement prévoit 1 % de croissance en 2015 et 1,5% en 2016. L’OCDE a baissé ses prévisions de croissance pour la France, à 1% en 2015 et 1,4 % l’an prochain, alors qu’en juin elle attendait encore 1,1% en 2015 puis 1,7 % en 2016.

 

Contexte

 

Le PLF 2016 est le dernier budget complet du quinquennat et donc la dernière chance pour la majorité de mettre en œuvre sa stratégie économique. Or les revirements et autres renoncements qui ont émaillé sa préparation marquent l'absence totale de cap.


Dans ce contexte, les quelques avancées du PLF surviennent trop tard et ne seront pas suffisantes pour donner des résultats tangibles d’ici à 2017. Trop tard car notre économie paie encore les erreurs des deux premières années du quinquennat, au cours desquelles les hausses massives de prélèvements ont empêché toute reprise.

 

Ce budget marque, à nouveau, l’éclatement de la majorité. Le gouvernement adresse une fin de non-recevoir aux frondeurs qui voulaient un changement de cap dans la politique budgétaire. Les débats s’annoncent difficiles à l'Assemblée Nationale et il n’est pas exclu que le Gouvernement soit contraint d’avoir recours au 49-3.