Où est l’Europe qui nous protège ?

Au sortir de cet été brûlant, dont j’ai passé une partie à sillonner l’Europe centrale, c’est justement l’Europe qui est le fil conducteur de mes pensées, avec le triste constat que cette belle invention qui nous a permis de vivre en paix depuis 70 ans, n’est plus en mesure de nous protéger.



Je pense bien sûr à cet enfant syrien noyé sur une plage de Bodrum, aux portes de cette Europe qui, faute d’avoir été capable d’agir politiquement –voire militairement – hors de ses frontières va devoir gérer un flot croissant de migrants rêvant d’une terre promise qui n'existe pas.


Je m’inquiète de voir la situation de Calais et l’impuissance du gouvernement français à y faire respecter l’ordre et je crains que d’autres Calais ne fleurissent ici et là dans notre pays, avec leur cortège de misère et d’affrontements.


Je n’ose imaginer le massacre, évité de justesse dans le Thalys, grâce au courage et au sang-froid de deux Français, un Anglais et trois Américains, mais qui ne peut faire oublier que Schengen permet à des hommes, armés et déterminés, de circuler en toute liberté à travers notre territoire.


Je comprends le désespoir des agriculteurs français qui sont en train de mourir à petit feu, du fait d’une politique agricole européenne absurde et d’une réglementation de la production et des prix si tatillonne que la France, qui était le grenier de l’Europe, est aujourd’hui malmenée par la concurrence des produits et des travailleurs étrangers.


Je dénonce le double mensonge du gouvernement sur l’affaire de la vente des Mistral à la Russie, un choix absurde qui nous a été dicté par Washington et une facture qui est réellement de 2 milliards d'euros, le double de celle qui a été avouée par l’Elysée.


La réalité saute aujourd’hui aux yeux : notre pays n’est plus gouverné depuis trois ans et les socialistes au pouvoir, quand ils ne prennent pas les mauvaises décisions, se contentent de subir les événements sans en maîtriser les conséquences.

Pire encore. Depuis les événements dramatiques de janvier, au cours desquels François Hollande s’est inventé un destin de sauveur de l’humanité, toute l’action du gouvernement socialiste est tournée vers un seul objectif : le faire réélire en 2017.


D’où ces annonces de 2 milliards de baisse d’impôts pour l’année 2016, dont l'État ne sait pas aujourd’hui trouver le premier centime.


D’où ces 3 milliards soi-disant accordés aux agriculteurs, pas plus financés que les baisses d’impôts, mais juste destinés à faire rentrer la colère et les tracteurs dans les fermes.


D’où ces analyses gouvernementales surréalistes sur le taux de croissance de 0% au second trimestre, présenté comme une bonne tendance, alors que nous sommes le cancre de l’Europe, très loin derrière la Grèce qui a obtenu un 0,8% pour la même période.


Pas de croissance durable malgré la baisse du prix du pétrole, l’euro faible et les taux bas, un chômage qui continue à grimper, alors qu’il baisse fortement chez tous nos voisins, une dette publique qui s’aggrave en dépit des promesses faites à Bruxelles, cela pose une seule question : qui va payer la facture ?


Les collectivités locales sont la première cible et ont commencé à payer, avec la baisse brutale des dotations de l'État, les condamnant soit à réduire la quantité ou la qualité des services de proximité, soit à augmenter les impôts locaux.


Les classes moyennes sont la deuxième cible et font l’objet d’un matraquage financier sans précédent. Il faut se rappeler cette phrase prémonitoire de M. Hollande considérant qu’une famille était « riche » à partir de 4000 € de revenus par mois : ce sont donc elles qui vont payer – et très cher – les cadeaux électoraux du gouvernement.

Après les coupes sombres dans la « niche » des emplois à domicile, c’est le tour des allocations familiales qui sont réduites et plafonnées, soi-disant « une mesure de justice sociale ».


Dans ce cortège de difficultés, une seule note positive : la perspective de 2017, dans à peine plus d’un an et demi maintenant, et l’espoir de mettre fin à cette parenthèse désenchantée que restera ce mandat de François Hollande.


Toute notre énergie, tous nos efforts doivent maintenant converger vers cette issue, à travers la mobilisation des Français qui n’en peuvent plus de cette situation et la construction d’un projet alternatif qui s’appuie sur les valeurs que nous partageons et une volonté inébranlable de redresser notre pays.


Je peux vous assurer que j’y prendrai toute ma part.