Eric Woerth le bouc émissaire enfin relaxé

« L'affaire Woerth » est exemplaire des pratiques de la gauche et d'une certaine presse à l'encontre de ses adversaires politiques et des stratégies de dénigrement mises en place de 2007 à 2012 à l'encontre de Nicolas Sarkozy, son gouverne-ment, ses soutiens et amis.


Vous trouverez ci-dessous une analyse percutante et perfomante d'Alain Tandonnet chroniqueur au Figaro.

C'est édifiant ! A lire et à faire lire ! 

 

 

"L'affaire Eric Woerth ou la lapidation d'un bouc-émissaire"

 Par Maxime Tandonnet – Le Figaro.fr

 

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a prononcé le 28 mai, la relaxe d'Eric Woerth dans «les deux volets» de l'affaire Bettencourt. Il est important de se souvenir de ce que fut cette affaire pour le quinquennat de Nicolas Sarkozy.


En effet, à partir de l'été 2010, le lynchage médiatique qu'a subi le ministre du budget, d'une violence et d'une durée sans précédents, venant de la gauche, de l'extrême droite, d'une partie du monde médiatique, a pris une tournure politique essentielle.

Au-delà d'un homme et de la souffrance endurée sur le plan personnel, cette lapidation a frappé l'ensemble d'une politique, d'un gouvernement, d'une présidence.


En témoigne par exemple l'éditorial politique de France Inter, le 3 septembre 2010, une chaîne de radio publique donc présumée indépendante et neutre sur le plan politique dans son travail d'information et de commentaires : «Au-delà de ce qui peut être éventuellement reproché judiciairement à Eric Woerth, il y a une faute originelle, un comportement critiquable, un mode de gouvernance initial qui a abouti à la situation dans laquelle on se trouve: il s'agit du rapport de l'ump avec les grandes fortunes [...]


Le candidat Sarkozy avait mis la barre très haut en promettant une «République irréprochable». Et c'est sur la tête d'Eric Woerth qu'est retombée la barre bien mal accrochée par le candidat devenu président.

On se souvient de l'exploitation politique qui a été faite de cette

affaire.

Le 11 septembre 2010, devant 500 militants de la fédération socialiste

du Nord, la secrétaire générale du PS, Mme Aubry déclarait: «S'il y a une chose que je vois de commun entre cette affaire et les retraites, c'est les mensonges qu'il a tenus. Il a un problème avec la vérité, M. Woerth» (cité par le Point 11 septembre).


Quelques jours auparavant, Mme le Pen, présidente du Front national tenait des propos voisins sur LCI, le 1er septembre: «Tellement il y a un faisceau de présomptions qui est terrifiant pour lui. M. Woerth a menti et ceci est évidemment absolument scandaleux [...] Ils n'ont plus aucune morale publique [...] M. Woerth aurait dû démissionner depuis bien longtemps.»


Le phénomène qui s'est déroulé en cette période fut d'abord celui de la lapidation d'un homme, portant présumé innocent, mais jugé coupable, avant même son jugement, par une partie de la classe politique et du monde médiatique.

Cette pratique du lynchage d'un bouc émissaire, chasse en meute d'un gibier de potence, fait désormais partie des moeurs de la France politique et médiatique, une forme de banalisation de la haine collective qui a atteint son paroxysme avec le traitement subi par Eric Woerth, dont on imagine les conséquences sur un plan psychologique, familial, personnel.


Mais au delà, cette affaire fut celle de la lapidation d'un quinquennat dans son ensemble, de son action, de ses réformes. L'impact en a été en effet considérable d'un point de vue politique. Il semble aujourd'hui évident, avec le recul, que le pouvoir en place à l'époque s'est trouvé profondément déstabilisé.

M. Woerth était l'un des piliers essentiels de l'équipe Fillon, par sa parfaite maîtrise des questions financières, son autorité, son image de modération, d'indépendance et de compétence. Beaucoup voyaient en lui un possible successeur naturel de François Fillon à Matignon pour terminer le mandat présidentiel et lui donner un souffle nouveau.

 

Malgré le soutien inconditionnel, sur le plan humain comme politique, du chef de l'État comme du Premier ministre, il a dû quitter le gouvernement à l'occasion d'un remaniement ministériel le 14 novembre 2010 en raison de l'ampleur que prenait le matraquage contre lui.

Le 6 mai 2012, les Français ont sans doute davantage sanctionné une image, une impression générale, un climat particulier qu'une politique. Les accusations, qui sont désormais avérées injustes et infondées, envers M. Woerth, avaient grandement contribué à cet état de l'opinion. »