Les vraies valeurs de la République

13 mai. Troisième anniversaire de l’arrivée au pouvoir de François Hollande. « Triste anniversaire »,

comme a dit Nicolas Sarkozy. Une seule satisfaction : les trois cinquièmes du temps sont passés depuis 2012 et nous commençons à apercevoir la ligne d’arrivée de cette malheureuse parenthèse.


13 mai. C’est aussi une date importante pour la Ve République : en effet, le 13 mai 1958, se déclenchait à Alger le processus qui allait entraîner la chute de la IVe et l'arrivée au pouvoir du Général de Gaulle.

Il serait exagéré de vouloir se lancer dans une comparaison historique entre la situation de l’époque – marquée par la guerre d’Algérie – et celle d’aujourd’hui, même si elles ont en commun la dégradation continue de la situation économique, l’affaiblissement de certaines valeurs morales et la perte de confiance dans la classe politique au pouvoir.


Une différence est essentielle à mes yeux : la IVe République était alors moribonde, alors que je suis persuadé que notre Ve République a encore de beaux jours devant elle parce qu’une grande majorité des Français est attachée aux valeurs qu’elle porte ; on a pu le constater à l’occasion des manifestations spontanées qui ont suivi les dramatiques événements du 7 janvier.


J’irais même plus loin en disant que notre république retrouverait toute sa vigueur si l’on abandonnait le quinquennat pour revenir au septennat initial.

Dans l’esprit des pères fondateurs du régime, le septennat avait pour vertu de donner le temps à un président de la république de mettre en œuvre la politique  pour laquelle il a été élu.

Dans l’autre sens, le quinquennat que nous avons adopté en 2000 a pour inconvénient de "hacher" l’action politique, dans le même calendrier que le mandat législatif.

Certes le septennat pouvait produire des cohabitations – on en a vécu deux entre 1986 et 2002 – mais le quinquennat avec l’élection législative suivant la présidentielle- produit ces vagues bleues ou roses qui dévalorisent l’action parlementaire en fragilisant les femmes et les hommes qui la portent.


Je peux bien entendre qu’aujourd’hui, dans une société où tout va de plus en plus vite, deux mandats de sept ans, soit quatorze ans de pouvoir, peuvent paraître longs. C’est pourquoi je défends le principe du septennat unique.


Un septennat pour se donner le temps de conduire les réformes nécessaires, un unique mandat pour ne pas être rattrapé par la tentation du calcul électoraliste ou le syndrome du compromis politicien qui sont en fait les exécuteurs testamentaires de l’action politique.


Comme en 1958, la France a besoin de réformes de fond qui dépassent le cadre d’un mandat et d’une majorité politique : un système institutionnel à revitaliser pour plus de pouvoirs à l'Assemblée Nationale ; un système éducatif à remettre entièrement à plat, en privilégiant la transmission des savoirs et en revalorisant les filières professionnelles ; un contrat de travail à transformer puisque tout le monde s’accorde à dire qu’il est devenu un frein à l’emploi ; une couverture sociale qui soit plus juste et qui se protège des abus et de la fraude ; un appareil judiciaire qui défende d’abord les victimes et non les coupables ; des frontières respectées avec le renforcement de notre politique migratoire qui passe par la révision des accords de Schengen.


Tout ceci pour que nous retrouvions la foi dans notre pays, dans ses institutions, dans ses valeurs, pour que chaque Français soit fier d’appartenir à cette nation et que chaque personne qui postule à le devenir adhère à nos valeurs républicaines et le prouve au quotidien.


A travers le projet de réforme des collèges que porte actuellement le gouvernement socialiste, au-delà du jargon ridicule et du bricolage des programme, pèse une menace plus grave sur notre pays : la disparition définitive des Humanités.


Et pourtant, ce sont elles qui ont fait la France, à travers l’héritage d’Athènes et de Rome, à travers Racine, Corneille, Voltaire, Diderot, à travers Montesquieu et Tocqueville, à travers Hugo, Zola et Péguy.

Ce sont elles qui ont construit notre patrie dans ce qu’elle a de plus essentiel : la richesse de sa civilisation et son amour de la liberté. Ce sont les valeurs qui ont fondé notre creuset républicain et, pour cela, elles méritent d’être défendues et enseignées.