"Notre Education nationale brûle et nous regardons ailleurs..."

Entre les attentats islamistes, les naufrages de réfugiés en Méditerranée et la déroute de la gauche aux élections départementales, la nouvelle réforme des collèges lancée par Mme Najat Vallaud-Belkacem est passée quelque peu inaperçue, alors qu’elle fait littéralement froid dans le dos.

 

En deux mots : création, à compter de la  rentrée 2016, de quatre à cinq heures hebdomadaires « d'enseignement interdisciplinaire », apprentissage d’une deuxième langue vivante dès la cinquième, disparition programmée de l’enseignement du latin, du grec et même de l’allemand, suppression des classes «européennes» ou «bi langues», celles-ci étant, selon la ministre, trop « élitistes » et ne profiteraient alors qu'aux familles plus aisées….

 

Il semble que la mode - entre Matignon et la rue de Grenelle - soit au         «Stand up» initié par M. Debbouze… chaque époque a les maîtres à penser qu’elle mérite !



Hormis l’émotion de quelques professeurs de latin et d’allemand, c’est dans un silence coupable que la classe politique a accueilli ce nouveau coup de poignard porté au système éducatif français. Comme le disait Jacques Chirac à propos de la terre « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

Il est vrai que cela fait plus de quarante ans que cela dure, que nous commençons à prendre l’habitude de voir pièce par pièce démanteler ce bel édifice qu’était le service de l’enseignement public que nous avait légué Jules Ferry.

 

Depuis quarante ans, nous assistons avec consternation à un double mouvement : d’un côté la scolarisation forcée avec la disparition du certificat d’études primaires, le collège unique, la perte de sens du BEPC devenu brevet ; de l’autre le nivellement par le bas, avec l’objectif fixé d’amener 80% d’une classe d’âge au bac, ce qui en fait aujourd’hui un diplôme sans valeur, la volonté de supprimer les notes, la réforme des lycées et maintenant celle des collèges qui résultent d’un égalitarisme aussi forcené que militant.

 

Tout ceci est le fruit du travail de la gauche, initié par le Conseil Supérieur de l’Education, composé d’enseignants soixante-huitards n’ayant plus croisé d’élèves depuis longtemps et qui finissent par confondre la rigueur et la discipline de l’enseignement avec l’enseignement interdisciplinaire !

 

Il est plus que temps de mettre fin à cette mascarade et reprendre le problème à la base. Quand nous serons revenus au pouvoir, dans deux ans au plus tard, il faut lancer enfin cette grande réforme de l’éducation nationale et tout reprendre de A à Z !

 

Pour cela, les élus du peuple ont une obligation de réussite et le devoir de la  lancer et de l’accompagner : il suffirait déjà que l’enseignement en France ne soit pas régi par des décrets et des circulaires pondus par la technocratie soit disant éducative, mais fasse l’objet d’un texte de loi voté par le Parlement.

 

Cela lui donnerait une valeur supérieure et lui rendrait sa vraie place, au cœur de notre société.

 

Quant au contenu, il passe par des choses aussi simples que l’évaluation en fin de primaire (savoir lire, écrire, compter) avant le passage en sixième, la fin du collège unique et la promotion des filières techniques, une meilleure place donnée à l’apprentissage, la revalorisation des baccalauréats qui doivent redevenir une réelle clé d’entrée à l’université et un bagage utile pour la vie.

 

Dans un univers de plus en plus violent et incertain, nous avons le devoir d’offrir aux jeunes qui nous suivent un cadre et des repères afin d'être mieux armés pour réussir.


ARTICLE PARU DANS VONEWS 95 ici