Les leçons d'un nouveau désaveu du pouvoir

Carte politique des conseils départementaux après l'élection des Présidents
Carte politique des conseils départementaux après l'élection des Présidents

Pour la troisième fois en un an, le gouvernement et la gauche sont battus sans appel et sanctionnés par le peuple.

La gauche qui dirigeait près des 2/3 des départements n’en a conservé qu’un quart, l’union UMP-UDI sort grand vainqueur du scrutin, le Front national, malgré son score important du premier tour, ne pouvant, faute d’alliances conquérir le moindre département.


A travers ces résultats, une évidence s’impose : le désaveu cinglant de la politique du gouvernement.

Oublié l’effet 11 janvier sur lequel M. Hollande a essayé vainement de capitaliser sans vergogne.


Pathétique le premier ministre qui a essayé de dramatiser les enjeux pour réveiller l’électorat de gauche en faisant une publicité incongrue au Front national qu’il prétend combattre, mais qui est en fait l’enfant naturel du parti socialiste.


L’un comme l’autre paye au prix fort les promesses de 2012 non tenues et l’absence criante de résultats, notamment sur le plan économique.


Personne n’a oublié les propos du Président de la République, le 9 septembre 2012, se vantant « d’inverser la courbe du chômage d’ici un an ». Deux ans et demi plus tard, la courbe du chômage continue à monter inexorablement et les perspectives économiques ne laissent entrevoir au mieux qu’une stabilisation, malgré le prix bas du pétrole, malgré l’euro plus faible, malgré les taux d’intérêt très bas, malgré la croissance qui s’envole aux États-Unis et chez nos voisins européens.


Ce n'est pas un échec, c'est un désastre dû à l’analyse économique erronée du Président de la République et à l’incapacité idéologique de la majorité socialiste à prendre les mesures structurelles pour redonner de l’air à nos entreprises, toujours considérées par la gauche comme la bête à abattre.



Pour ne rien arranger, il n’est pas d’autre domaine sur lequel le gouvernement pourrait se targuer de résultats probants.


Sur le front de la sécurité,l’inquiétude monte à travers le pays, au vu de la flambée du nombre de cambriolages et des risques d’agression, accentués par les menaces terroristes, la radicalisation de la violence, la désespérance d’un certain nombre de personnes prêtes à passer à l’acte.


Sur le front de l'immigration, derrière les statistiques officielles et le discours lénifiant du gouvernement, chacun constate que les digues commencent à sauter.

Dans le domaine de la santé publique,  alors que chacun sait que la sécurité sociale est au bord du gouffre, le gouvernement réalise un grand pas en avant en généralisant le tiers payant, ce qui aura pour effet de déresponsabiliser encore plus les patients dans leur consommation médicale déjà au-dessus de la moyenne.

Quant à l'Education, après les quelques instants de lucidité consécutifs aux évènements tragiques de janvier, l’idéologie officielle a repris ses droits et la seule réforme de fond proposée est la refonte du calendrier de l’année scolaire, en avançant d’une semaine les vacances de printemps !


Comment s’étonner ensuite qu’un électeur sur deux ne se déplace plus pour voter ?


Le fossé s’accroit jour après jour entre la France réelle et nos gouvernants qui, dans les palais de la République, continuent à pérorer et réglementer tous azimuts et en dépit du bon sens, sans faire face aux vraies difficultés du pays. Alors que la France s’en-fonce dans une désespérance jamais atteinte – notre pays est classé derrière, loin derrière le Nigéria, le Bangla Desh et l’Afghanistan en termes de confiance dans l’avenir - le gouvernement demande aux députés de légiférer sur la pénalisation de la prostitution !


La belle devise nationale inscrite au fronton de nos édifices publics, liberté, égalité, fraternité, n’est plus avec le pouvoir socialiste qu’un pauvre et triste slogan : nos libertés sont réduites chaque jour qui passe par une administration dévorante et tatillonne ; l’égalité entre les citoyens est perpétuellement remise en cause par des décisions injustes et incompréhensibles ; quant à la fraternité, il y a longtemps qu’elle a sombré sous les coups de boutoirs de la crise morale et économique, de l’individualisme forcené et de la perte des valeurs.


Si le Président de la République et le chef du gouvernement,

désavoués par les électeurs, mis en minorité par le Parlement au

point d’être obligés de passer par le 49-3, avaient un soupçon d’honneur et de lucidité, ils ne pourraient que démissionner pour remettre leur mandat au peuple.

A tout le moins, si M. Hollande était un véritable homme d’État, il prendrait ses responsabilités en dissolvant l’Assemblée nationale pour redonner la parole au peuple.


On en est loin hélas, puisque l’on constate que l’essentiel de l’énergie du chef de l'État, quand il n’est pas occupé à remettre des médailles ou commenter l’actualité, est consacrée à essayer de sauver sa tête en 2017 en triturant dans tous les sens les modes de scrutin et en imaginant des combinaisons gouvernementales destinées à calmer la colère du peuple de gauche.


Il nous reste deux ans à tenir, deux ans pendant lesquels la France va continuer à s’enfoncer dans la désespérance. A nous d’essayer d’atténuer les effets néfastes de cette politique, grâce aux communes et aux départements que nous avons gagnés… et demain les Régions.



A nous de nous tenir prêts à réaliser l’alternance, autour de responsables politiques lucides et déterminés, appuyés sur un projet solide et courageux. Nous en avons la capacité, donnons-nous en les moyens !