Apartheid... apartheid... vous avez dit... apartheid, Monsieur Valls ?

La réalité de l'apartheid
La réalité de l'apartheid

Les événements tragiques des 7 et 9 janvier, une fois passé le formidable sursaut d’union nationale, ont été l’occasion d’ouvrir le débat sur les foyers d’intolérance et de violence qui fermentent dans les banlieues.

 

La gauche, après avoir fait semblant de le découvrir – il y a pourtant longtemps que nous le disons ! – a rapidement refermé le débat avec les propos du premier ministre sur « l’apartheid territorial, social, ethnique » qui rongerait notre pays. 


Certains à droite se sont émus de ces propos, relativement peu, la plupart des dirigeants et des commentateurs de notre pays n’ont pas mesuré la gravité des propos de Manuel Valls.

 

 

« Apartheid », dans la définition du dictionnaire Larousse, signifie « régime de ségrégation systématique des populations de couleurs ».

Le mot « systématique » signifie qu’il y a une volonté politique de reconnaître et de conforter une inégalité entre les races, ce qui est la porte ouverte aux pires barbaries idéologiques que nous avons connues au XXe siècle.


Est-ce cela la réalité française ?


Est-ce l’état d’esprit d’un pays qui accueille chaque année 200 000 personnes d’origine étrangère, sans compter les dizaines de milliers de clandestins venus des pays les plus pauvres de la planète ?

Si l’apartheid régissait la société française, notre pays serait-il considéré comme l’un des plus accueillants au monde pour son système social et médical ?


En employant à dessein ce vocabulaire, le premier ministre a utilisé une vieille recette dialectique de la gauche, consistant à culpabiliser son interlocuteur afin d’éviter d’entrer dans un débat de fond sur la réalité des banlieues françaises.


Après la repentance que la gauche nous inflige sur l’esclavage et la colonisation, voilà qu’elle nous sert de l’apartheid pour enfoncer le clou et masquer la réalité de ses propres turpitudes.


Il est vrai que la gauche et la droite sont co-responsables de la construction après-guerre de ces grands ensembles défigurant nos banlieues dans lesquels ont été entassés pêle-mêle populations ouvrières, rapatriés d’Algérie, travailleurs immigrés, puis immigrés sans travail.


Mais qui a continué sans vergogne à en construire après les années 70, sinon les élus de gauche, pour atteindre des taux de logements sociaux dans certaines communes de plus de 70% ?

 

Dans le Val d’Oise, les habitants d’Argenteuil, de Sarcelles ou de Villiers-le-Bel peuvent témoigner de cet acharnement électoraliste à constituer des ghettos.


Comment peut-on laisser supposer qu’un Amedi Coulibaly a été victime d’apartheid quand on sait qu’il a fait les honneurs de la presse en 2009, eu égard au contrat de professionnalisation qu’il a obtenu grâce à l'État.


Victime d’apartheid, dites-vous Monsieur Valls ?


En dix ans, depuis 2003, ce sont près de 50 milliards d’euros qui ont été déversés sur les cités dans le cadre de la rénovation urbaine, avec le résultat que l’on connait : ghettoïsation renforcée, zones de non droit étendues, trafics de drogue multipliés, désespérance absolue.


S’il fallait tirer un constat d’échec, c’est celui de la politique de la ville que nos dirigeants, toutes opinions confondues, mènent depuis la crise des années 70, l’instauration du regroupement familial, dévoiement de l'aide médicale d'État, les déviances des lois S.R.U et D.A.L.O, l’impuissance de la rénovation urbaine.


Si l’on veut parler de creuset républicain, c’est sur ces territoires qu’il faut agir : ouvrir les yeux sur l’ordre apparent imposé par les bandes et les trafiquants de drogue, faire respecter les lois de notre pays sur la monogamie et l’interdiction du port du niqab, restaurer l’autorité du maître dans l’école où la transmission du savoir doit redevenir la mission absolue.


Pour cela, il faudra du temps et du courage. Les coups de mentons du premier ministre et les déclarations angéliques de la ministre de l'Éducation nationale n’y changeront rien : c’est une véritable révolution des idées et des méthodes dont notre pays a besoin et c’est le premier travail auquel nous devrons nous atteler en 2017, en espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard.