Logement : le Gouvernement fait fausse route depuis 2 ans

Un secteur en panne
Un secteur en panne

 

Globalement les crédits du secteur logements sont en augmentation dans le budget 2015. Même si l’ampleur de cette augmentation doit être relativisée : la hausse des crédits pour l’aide à l’accès au logement correspond essentiellement à un transfert de compétence entre la branche famille de la sécurité sociale et l’Etat.

 

Le Gouvernement rappelle son ambition de construire 500 000 logements par an dont 150 000 logements sociaux, ambition qui était un engagement de campagne du Président de la République.

 

On peut douter de la réalisation de cette ambition au regard de la politique menée depuis plus de deux ans par la majorité. Force est de constater que cette politique est complètement contre-productive.

Alors même que pas moins de 3 lois pour le logement et la construction ont été adoptées (loi de mobilisation du foncier public de janvier 2013, loi d’habilitation pour accélérer les projets de construction de juillet 2013, loi ALUR de mars 2014), aucun résultat n’a vu le jour. Pire, le secteur s’effondre un peu plus mois après mois….

 

En 2013, seuls 332 000 logements ont été construits. Ce chiffre est inférieur à la moyenne des dix dernières années (347.000 logements). En comparaison, en 2011, dernière année « pleine » de la précédente législature, on comptait 362 000 logements construits. De septembre 2013 à août 2014, le nombre de logements autorisés a baissé de -13,9% et le nombre de logements commencés de -11,6%.

 

Cette situation a des conséquences dramatiques pour tout le secteur du bâtiment et de la construction. Entre 2013 et 2014, près de 30 000 emplois ont été détruits.

 

Depuis deux ans et demi, les mesures adoptées, mais aussi les annonces et les renoncements, ont entrainé une augmentation des coûts, de la complexification inutile et surtout la fuite des investisseurs et le découragement des professionnels.

 

Il semblerait que le Gouvernement commence à se rendre compte de ces mauvais signaux qu’il envoie qu’il souhaite faire marche arrière :

 

- L’encadrement des loyers, qui figurait dans le programme de campagne du Président de la République et qui a été adopté par l’ensemble de la majorité dans la loi ALUR, est mort avant même d’être né. Sa promotion tout au long des derniers mois a tellement découragé les propriétaires et les investisseurs que le Gouvernement a décidé, en août dernier, de ne pas l’appliquer.

 

- Le projet de loi relatif à la simplification de la vie des entreprises comprend déjà des mesures qui visent à assouplir la loi de madame Duflot…

 

Le 29 août dernier, le Premier Ministre a annoncé un énième plan de relance de la construction et du logement dont le budget 2015 est supposé être le « support ». Malheureusement, il sera très difficile de redonner confiance au secteur et de redynamiser ce qui a été détruit.

 

On voit mal comment l’objectif du Président de la République de construire 500 000 logements par an, dont 150 000 logements sociaux, pourra se réaliser. La répétition de cet objectif ressemble fort à la répétition de l’objectif d’inverser la courbe du chômage martelé pendant plus de 2 ans… sans succès.