Budget 2015 de l'Enseignement scolaire : les mauvais choix

Comme chaque année, le budget l’Enseignement scolaire est de loin le plus gros budget de l’état. Les dépenses de personnel représentent 90% des crédits ouverts.

Selon la Cour des comptes, la France consacre 6,3% de son PIB à l’éducation, ce qui est supérieur à la moyenne de l’OCDE (6,2%) et à d’autres pays qui assurent mieux la réussite de  leurs élèves : Pays-Bas (6,2%), Royaume-Uni (6%), Allemagne (5,3%)

 

Le coût par élève de l’enseignement secondaire est supérieur de 15% à la moyenne de l’OCDE. Au niveau du lycée, la dépense par élève est même supérieure de 38 % à la moyenne de l’OCDE.

 

Alors que l’état de nos finances publiques s’aggrave, que le Gouvernement est incapable de tenir ces engagements de réduction des dépenses, l’entêtement sur les choix contestables qui ont été faits en début de législature est incompréhensible !

 

C’est bien que l’argent public qui est massivement dépensé, ne l’est pas d’une façon efficiente et que les marges de manœuvre existent sur ce budget.

 

Dans ces conditions, choisir de l’augmenter de manière importante, compte tenu du contexte, est une décision grave qui engage notre nation pour de nombreuses années et que les générations suivantes devront payer !

 

Malgré ces chiffres importants, les objectifs que le Gouvernement s’était fixés ne sont pas atteints.

 

  • le coût de la réforme des rythmes scolaires se compte en milliards d’€ : alors que l’Association des Maires de France estime ce coût à 200€ par élèves, sur 5,8 millions d’élèves scolarisés en primaire rien que dans le public, cela fait une somme de plus d’1,6 Milliard€ pour 2014, pour un fonds d’amorçage de « seulement » 250 millions d’€.
     
  • Alors que l’on est en train d’engager des réforme injustes sur la branche famille (700 millions€ en 2015), c’est une somme de plus de 900 millions d’€ que la Caisse Nationale Allocations Familiales va débourser entre 2013 et 2017 pour accompagner cette réforme …
     
  • De nombreuses communes vont être obligées de faire payer les activités périscolaires qui devaient être gratuites, le nombre prévu d’entrées en maternelle des moins de 2 ans est loin d’être atteint, etc…
     
  • L’apprentissage est en chute libre : -8% entre 2012 et 2013 et -14% depuis le début 2014 …La mise en place des Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) est laborieuse… Le métier d’enseignant n’attire plus, et l’on peine à recruter.

Alors que toutes les études internationales montrent que l’ « effet maître » est incontestablement celui qui fait progresser un système vers plus d’efficacité et de justice, le Gouvernement s’est fermé toute marge de manœuvre pour la revalorisation du métier d’enseignant (notamment en termes de rémunération et de débouchés).