La stratégie du Titanic

Au moment où ils viennent de payer leur dernier tiers provisionnel, subissant de plein fouet les hausses d’impôts décidées par le gouvernement socialiste, les Français découvrent que l’Union Européenne met en demeure notre pays de mener à bien les réformes annoncées sous peine de sanctions financières considérables.

 

Au-delà de l’humiliation que représente le fait de se faire admonester par Bruxelles, c’est la confirmation qu’au-delà des efforts considérables que le gouvernement a demandé aux Français, l’Etat n’a pas touché à son train de vie, en se refusant à faire les réformes structurelles indispensables, quoi qu’il en dise.

 

Et pourtant, les chiffres sont là, dans leur implacable brutalité :

 

  • rapportée au revenu national, la dette publique atteint 95,1% du PIB à la fin du deuxième trimestre 2014, soit 1,1 point de plus qu’au trimestre précédent. Elle vient d’atteindre les 2 000 milliards d’euros, un chiffre record !

  • Bercy table sur un déficit public de 4,4% du PIB cette année, après 4,2% en 2013, et le budget 2015 devrait confirmer un reflux très modeste, à 4,3%. L’objectif des 3% annoncé est renvoyé aux calendes grecques !

 

La question qui se pose aujourd’hui est claire : où va cet argent qui est ponctionné dans la poche des Français sous prétexte de réduire une dette qui ne fait que croitre et s’alourdir ?

 

Si l’on n’a pas toutes les réponses, certaines apparaissent au grand jour, parfois même par le fait de certains dirigeants socialistes qui ne peuvent plus tenir leur langue :

 

  • Une indemnisation du chômage par trop généreuse et qui favorise la fraude massive et un manque d’empressement à chercher activement du travail.

  • Des recrutements publics massifs dans des secteurs comme l’Education nationale, avec des méthodes d’embauche surréalistes dévoilées récemment par les médias.

  • Des valses hésitations à répétition comme sur le dossier de l’écotaxe pour laquelle la reculade du gouvernement va coûter – indépendamment du manque à gagner – près d’un milliard d’euros.

 

Et quand il faut payer tout cela, une fois que l’on a fait fuir les plus riches en les menaçant d’une taxe à 75%, une fois que le gouvernement aura rendu aux plus pauvres les impôts qu’il leur a ponctionné en croyant s’attaquer aux classes moyennes, ce sont les familles qui vont passer au tiroir-caisse, avec le plafonnement et la réduction drastique des aides à la garde et à l’éducation des enfants.

 

Le gouvernement aurait pour stratégie de s’attaquer à la natalité française, le seul indicateur n’étant pas passé encore au rouge, qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

 

Mais le gouvernement a-t-il encore une stratégie ? Entre François Hollande qui brille par son indécision et Manuel Valls qui espère retrouver la croissance en traduisant dans toutes les langues qu’il aime l’entreprise, il est de plus en plus évident que le pays n’est plus dirigé et que ce bateau ivre, si un capitaine énergique et courageux n’en reprend pas la barre très vite, va devenir le Titanic de l’Europe.