Qui voit Sein voit sa fin ?

L'île de Sein
L'île de Sein

 

L’été qui se termine n’a pas été perturbé que sur le plan climatique.

Le Président et le gouvernement socialistes ont essuyé une vague de tempêtes dont on n’imagine pas qu’ils puissent sortir indemnes. Mais toutes ces péripéties politiques ne sont que la partie visible d’une réalité tragique : tous les indicateurs convergent pour dire que la politique de gauche menée depuis deux ans a conduit la France dans une impasse économique et sociale totale.

 

Aucune embellie possible du côté de la croissance et du chômage, avec des comptes publics dans le rouge, même les ministres socialistes sont obligés d’en faire le constat.

 

Certains comme Montebourg préfèrent tirer le tapis et se projeter directement sur 2017, ce qui a valu au contestataire d’être éjecté du gouvernement et ce qui nous a offert un Valls « bis » avant même la rentrée. Sursaut d’autorité pour le tandem exécutif, mais annonce d’un nouveau casting qui a fait bondir, à gauche comme à droite.

 

Le recrutement d’Emmanuel Macron, ex banquier chez Rothschild et artisan du racket fiscal de ces dernières années, est le symbole de l’enterrement du programme électoral de François Hollande et l’annonce d’un virage sinon idéologique, du moins sémantique, entamé dès sa nomination par une remise en cause des 35 heures. Pour le cœur de la gauche, c’est une provocation inacceptable et une rupture définitive avec les idéaux socialistes.

 

La nomination de Nadjat Vallaut-Belkacem à l’éducation nationale a été reçue par l’électorat de droite comme une autre provocation. Car au-delà de son incompétence et de son incapacité à gérer le gigantesque navire de l’éducation, en désignant celle qui en France est la passionaria la plus virulente de la théorie du genre, l’exécutif choisit de dresser une fois de plus les Français les uns contre les autres, pour tenter de reconstruire quelque chose des miettes de la gauche sur des clivages sociétaux.

 

Le gouvernement n’apparait plus que comme un bateau ivre, dont certains membres d’équipage se révèlent déjà bons à jeter par-dessus bord. Ce que Manuel Valls a déjà été obligé de faire en débarquant le matelot Thevenoud, coupable d’avoir oublié de déclarer ses revenus depuis des années, alors qu’il pourfendait les fraudeurs à l’Assemblée nationale.

 

Le pouvoir est aujourd’hui dans une situation intenable, bien pire que celle qu’a pu connaître François Mitterrand en 1983. Mais François Hollande n’a de Mitterrand que le prénom et le goût des conquêtes féminines, un domaine qu’il n’arrive pas non plus à maîtriser, loin s’en faut.

Sa seule issue serait une dissolution de l’Assemblée nationale, soit parce qu’il l’aura décrétée, soit parce que l’Assemblée aura rejeté le discours de politique générale du premier ministre reconduit, le 16 septembre. Mais on peut imaginer facilement que les députés frondeurs du PS ne prendront pas le risque de se faire hara-kiri, devant le désastre annoncé d’un retour devant le peuple.

 

Alors, que va-t-il se passer ? Aujourd’hui le roi est nu et chacun a en tête cette image pathétique d’un président à l’Ile de Sein, bredouillant un discours à travers des lunettes trempées par la pluie.

 

Une image certes, mais tout un symbole, surtout quand on connait le dicton breton des Îles du Ponant « Qui voit Sein voit sa fin ».

 

La fin semble proche en effet, mais rien n’oblige le président français à la précipiter.

 

Et, pendant ce temps, notre beau pays continue à s’enfoncer inexorablement, pendant que ses forces vives s’enfuient à l’étranger et qu’une partie de la population, désespérée par la crise morale et sociale, se prépare à se tourner un jour vers les pires extrémités.

 

Il nous faut réagir avant, dépasser les querelles de personnes, préparer le redressement, donner aux Français des signes tangibles que nous sommes à leur côté et que nous sommes prêts à nous engager pour eux et pour notre pays.

Sans état d’âme et sans limite.