« La victoire a cent pères, mais la défaite est orpheline » (1)

J.F. Kennedy -1961

La semaine qui s’est achevée a été fertile en péripéties politiques, qui méritent que l’on y revienne avec un peu de recul.

Si la victoire du Front national a été un choc, on ne peut pas dire qu’elle soit vraiment une surprise : tous les sondages prédisaient qu’il serait au coude à coude avec l’UMP, la mobilisation (ou l’abstention) a fait la différence, dans un scrutin dans lequel les enjeux européens sont passés loin derrière les enjeux nationaux.

 

Après l’avertissement infligé aux municipales, l’électorat de gauche a remis le couvert au gouvernement, lequel n’avait visiblement pas compris le premier. Avec moins de 14%, le PS descend même sous le score de Michel Rocard en 1994, lequel avait eu le courage de démissionner, ce qu’il ne faut pas attendre hélas de ceux qui nous gouvernent.

 

Avec ses 21%, l’UMP, arrive à la seconde place, près de huit points sous son score de 2009, mais cette fois-ci sans alliance avec le centre droit, il faut quand même le rappeler.

Ce résultat sanctionne une campagne en demi-teinte, perturbée par de trop nombreuses prises de position individuelles fortement médiatisées, différentes des propositions de l’UMP, qui ont brouillé notre message.

 

De plus, une fin de campagne comme déjà plombée par « l’affaire » qui a explosé dès le lendemain du scrutin.

Sur le fond de « l’affaire Bygmalion », je ne porterai pas de jugement, n’ayant pas d’informations autres que celles parues dans la presse. De toute façon, le dossier est entre les mains de la justice qui se chargera de démêler le vrai du faux.

 

Concernant la démission de Jean-François Copé, je salue le geste du président de l’UMP qui n’a pas voulu par son maintien rajouter de la tension dans un contexte suffisamment difficile pour notre famille politique. Respectant toujours le principe de la présomption d’innocence, je ne doute pas qu’il fera la preuve qu’il n’était pour rien dans cette affaire et pourra reprendre sa place parmi les hommes et les femmes qui comptent pour l’avenir de notre pays.

Parce que beaucoup l’oublient, je tiens à rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, il a mené l’UMP à la victoire aux dernières élections municipales(1)et je ne pense pas que son retrait efface par miracle la guerre des chefs qui plombe notre mouvement à trois ans de l’élection présidentielle.

 

Aujourd’hui, notre priorité est de penser à nos militants, adhérents, donateurs, sympathisants qui sont partagés entre l’écœurement et la colère. Je les comprends et je veux leur dire toute ma sympathie et mon soutien. Notre mouvement a déjà vécu des crises et des déchirements, l’important étant de rester ferme sur nos valeurs et de privilégier ce qui nous unit de ce qui pourrait nous diviser.

 

L’important, c’est également de redonner cet automne la parole aux militants, un exercice de démocratie toujours salutaire.

Mais la grande question d’ici là reste la position et l’implication de Nicolas Sarkozy dans l’avenir du mouvement et, au-delà, de l’avenir du pays.

 

Plus celui qui occupe l’Elysée démontre son incapacité à prendre la mesure de son rôle, plus Nicolas Sarkozy apparait comme celui qui peut, par sa stature internationale et sa capacité à faire bouger les lignes, être l’homme d’Etat dont la France a besoin pour nous sortir de l’ornière dans laquelle la gauche nous a jetés.