Gouvernement Valls : la stratégie de l'enfumage

Dessin de Xav pour l'UMP
Dessin de Xav pour l'UMP

Après l’intervention télévisée de François Hollande faisant suite à la claque des municipales, c’est le discours de politique générale du nouveau premier ministre Manuel Valls qui a permis d’éclairer la stratégie présidentielle, un modèle d’enfumage.

 

Enfumage, parce que le fond de la politique n’a pas changé, seul le style est différent, le petit tout sec ayant succédé au grand tout mou.

Mais son discours ne contient ni remise en question du modèle qui a lamentablement échoué depuis deux ans, ni infléchissement d’une politique qui n’a produit que misère sociale, explosion de la pression fiscale et montée irrépressible du chômage.

Il faut dire que le gouvernement socialiste et ceux qui le conseillent ne sont très brillants en arithmétique car, quand la presse a fait le compte des annonces du nouveau premier ministre, il manquait onze milliards d’euros dans la balance.

Onze milliards, une petite erreur de calcul.

Pas du tout, corrige le lendemain le nouveau premier ministre, ces onze milliards sont bien prévus pour être financés sur les dépenses de santé. Lesquelles? Il sera bien temps d’y penser…

 

Enfumage parce que la grande mesure de ce nouveau gouvernement doit être la réforme des collectivités territoriales: réduction par deux du nombre de régions avant 2017, suppression de tous les départements à l’horizon 2020.

C’est tout l’esprit de la décentralisation voulue par… François Mitterrand en 1982 qui part en fumée, sur l’injonction de ses héritiers socialistes. D’une certaine façon, Manuel Valls ne prend pas de risque: s’il parvient à faire voter ces textes (ce qui est loin d’être gagné, au vu de la levée de boucliers, toutes familles politiques confondues), ce sont ses successeurs qui devront les mettre en œuvre… ou les faire abroger.

 

Enfumage enfin, avec la nomination du train des secrétaires d’état dont le casting très politique ressemble plus à une équipe de figurants qu’à un gouvernement de combat. Avec cette provocation suprême qu’est la nomination d’Harlem Désir aux affaires européennes.

A six semaines du scrutin européen, à un moment où les enjeux sont stratégiques, envoyer à Bruxelles un apparatchik, lourdement condamné pour emploi fictif, fossoyeur du PS pour ces dernières municipales, relève soit d’une provocation insupportable, soit d’un amateurisme dont M. Hollande a le secret, mais qu’il pratique à haute dose.

Tant qu’une majorité de députés-godillots venus de la gauche acceptera de cautionner cette politique alternant un pas en avant, un pas à arrière, M. Hollande est tranquille à l’Elysée, au chevet de sa courbe de popularité, en attendant d’être rejoint par M. Valls qu’il aura conduit à sa perte.

 

Que restera-t-il ensuite ? Une dissolution ? La nomination d’un gouvernement de droite? M. Hollande se verrait bien rejouer le rôle du président en 1988 ou en 1997, brillamment réélu après une cohabitation forcée. Mais M. Hollande n’a ni l’habileté d’un Mitterrand, ni le métier d’un Chirac…