Sarkozy, l'homme à abattre

Je transcris ci-dessous l'Editorial de Yves Thréard paru dans " le Figaro" de ce jour. Tout est dit...sauf le regrettable mutisme des "ténors ?" de l'UMP, pourtant si prompts entre 2007 et 2012 à faire le siège de l'Elysée pour obtenir faveurs et ministères...

 

"Faut-il que son retour soit à ce point redouté ?

 

Depuis qu’il a quitté l’Élysée, Nicolas Sarkozy est la cible d’une traque judiciaire sans précédent. Jamais un ancien président de la République n’aura mobilisé contre lui autant de juges d’instruction pour peser, décortiquer, suspecter le moindre de ses faits et gestes.

 

Affaires Takieddine, Tapie, Bettencourt, Kadhafi… Une horde de magistrats le met systématiquement au centre de tous ces dossiers que les médias, assoiffés de sensations, érigent aussitôt, sans discernement, en scandales d’État. Nicolas Sarkozy est l’homme à abattre.

Aux yeux de François Hollande, c’est l’ennemi public numéro un.

 

Mais, depuis le début de cette entreprise de destruction, manquent les preuves. On les cherche. En vain.

 

Est-ce pour cela qu’on le place sur écoute téléphonique ? Une première contre un ex-chef de l’État, certes redevenu un justiciable en principe comme les autres. Est-ce pour cela qu’on feint de s’étonner de ce qui n’est guère surprenant, qu’on monte en épingle des informations qui n’en sont pas, qu’on dramatise des événements d’une banalité confondante ?

 

Est-ce suspect, compte tenu des poursuites dont il est l’objet, que Nicolas Sarkozy s’adjoigne les conseils d’un avocat avec lequel il entend protéger ses conversations d’oreilles indélicates ?

 

Où sont les droits de la défense, brandis à tout bout de champ par la gauche, si leur respect n'est pas sacralisé en toutes circonstances ? Est-ce un crime de se défendre ?

 

On était décidément beaucoup moins regardant avec d'autres locataires de l'Élysée avant lui, princes en leur palais.

 

Face à pareil acharnement, on finit, avec raison, par voir la manœuvre politique partout. Celle d'un pouvoir affaibli qui vient de créer un nouveau parquet financier dont le premier dossier, comme par hasard, concerne Nicolas Sarkozy.

 

D'un pouvoir qui s'est récemment trahi par une circulaire de sa garde des Sceaux, en date du 31 janvier, exigeant de tous les parquets qu'ils lui rapportent le moindre détail des affaires réputées les plus sensibles..."