F. Hollande et l'O.T.A.N : les paroles changent, mais les écrits restent.

Le Président Hollande désavoue le député Hollande
Le Président Hollande désavoue le député Hollande

Hollande aujourd'hui...

Pour célébrer leur entente, Barack Obama et François Hollande ont cosigné une tribune dans le Monde du 10 février :

« Depuis le retour de la France dans la structure de commandement de l'OTAN, il y a quatre ans, nous avons développé notre coopération à tous les niveaux dans le cadre de notre engagement à renforcer constamment le partenariat entre l'OTAN et l'Union européenne. Nous sommes deux nations souveraines et indépendantes qui prenons nos décisions en nous fondant sur nos intérêts nationaux respectifs. Mais c'est précisément parce que nos intérêts et nos valeurs sont si proches que nous avons été en mesure de faire franchir un nouveau cap à notre alliance.

Enraciné dans une amitié de plus de deux siècles, notre partenariat toujours plus étroit constitue un modèle de coopération internationale. »

 

Hollande hier...

La réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN est annoncée par le président de la République Nicolas Sarkozy le 7 novembre 2007.

À l'Assemblée nationale, cette politique donne lieu à une motion de censure le 8 avril 2008. L'orateur du groupe socialiste de l'époque, qui prononce un véritable réquisitoire, n'est autre que François Hollande, qui déclare :  

« [...] nous avons voulu placer notre débat de censure dans le cadre des graves décisions que le Président de la République vient de prendre à l’occasion du sommet de l’OTAN à Bucarest. Deux décisions majeures : l’une sur l’engagement de nos forces en Afghanistan, l’autre sur le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. ... Il s’agit bien d’une double rupture : rupture dans l’usage de nos forces en Afghanistan, rupture dans le consensus sur l’OTAN établi dans notre pays depuis 1966.  

«... Eh bien, je vous l’affirme : cette décision de revenir dans le commandement militaire de l’OTAN est fâcheuse ! [...] »

« Car si notre pays renonçait à son autonomie de jugement au sein de l’Alliance, c’est l'ensemble de l'Europe – pas simplement la France – qui se trouverait en situation d'alignement sur les États-Unis. Et que vaut l'argument sur la contrepartie offerte en termes de reconnaissance de l'Europe de la défense ? C’est un jeu de dupes ! Les États-Unis ne peuvent donner aucune garantie tout simplement parce que l’Europe de la défense ne dépend pas d’eux."

 

Le président Hollande désavoue sévèrement le député Hollande, mais en 2012, il aura capté les suffrages des opposants à l'OTAN...