Rythmes scolaires : reculer pour ne pas sauter

La réforme des rythmes scolaires, lancée l’automne dernière à grands coups de trompettes par Vincent Peillon, est en train de tourner au cauchemar pour le gouvernement.

Mal préparée, trop vite lancée, cette nouvelle organisation, dans les communes qui ont accepté de l’expérimenter, provoque une levée de bouclier dans le corps enseignant et chez les parents d’élèves.

Enfants perdus, livrés à eux-mêmes, enseignants dépassés, animateurs mal formés et souvent non formés, organisation chaotique, tout ça pour un coût de plusieurs centaines d’euros par an et par enfant que le contribuable – qui a bon dos, mais quand même – va devoir supporter chaque année.

 

Malgré la grogne généralisée, le gouvernement refuse d’ouvrir les yeux et de revoir sa copie avant la rentrée 2014, date à laquelle cette réforme doit être généralisée à l’ensemble des élèves de France.

Pourtant, il pourrait, avec un tant soit peu d’intelligence et de concertation –ce qui semble n’avoir pas été fait au départ– , amender son texte, l’assouplir, voire le décaler d’un an, ce qui laisserait le temps de travailler ensemble aux différents acteurs de l’éducation de nos enfants, parents d’élèves, enseignants, représentants de l'Éducation nationale et élus municipaux. Car, ne l’oublions pas, c’est une réforme imposée par le Gouvernement qui doit être mise en œuvre par les maires et payée par les contribuables locaux.

 

Cette affaire est en train de devenir un véritable enjeu des prochaines élections municipales, il serait bon que le gouvernement accepte de reculer pour ne pas sauter.

Monsieur Peillon croyait en lançant sa « grande réforme » laisser une trace dans l’Histoire. Pour le moment, il n’a réussi qu’à recueillir inquiétudes et sarcasmes.

 

Ce qui est plus inquiétant, mais qui n’est pas surprenant non plus, c’est qu’une fois de plus on s’occupe de modifier le cadre de travail de l'Éducation nationale sans se préoccuper du fond éducatif.

 

Mais chacun sait que ce sujet est tabou depuis 45 ans, alors que chaque année la France poursuit sa descente aux enfers dans les statistiques comparatives des résultats scolaires dans les différents pays d’Europe.

Si on ne peut pas compter sur la gauche pour le faire, aurons-nous un jour un ministre de droite qui s’attaquera réellement à l’illettrisme grandissant, à l’échec du collège unique, au sauvetage d’un baccalauréat déprécié, à l’irruption sur le marché de l’emploi d’un nombre grandissant de jeunes non formés ni préparés au travail ?

 

On peut en rêver, on se doit d’enfin y arriver.