Réviser Schengen pour que la Méditerrannée ne devienne pas un cimetière...

Des centaines de migrants sur des embarcations de fortune...
Des centaines de migrants sur des embarcations de fortune...

Depuis une quinzaine de jours, une tragique actualité -près de 400 naugragés- a braqué les projecteurs sur le drame qui se déroule au large de l'île italienne de Lampédusa, proche des côtes de l'Afrique du Nord.

 

En 14 ans, plus de deux cent mille immigrés clandestins sont arrivés à Lampedusa. Rien que cette année, ce sont près de 32000 migrants qui ont débarqué sur ses cotes ainsi qu'à Malte selon le Haut Commissariat aux Réfugies.

Avec la situation politique et économique que connaissent actuellement l'Afrique du Nord, l'Erythrée, la Somalie, la Syrie, plus la quasi-explosion de la situation libyenne ; le rythme des arrivées ne risque pas de diminuer.

 

Le choc du drame de ces dernières semaines repose à l'évidence la question d'une politique européenne commune face à l'immigration afin que la « Méditerranée ne devenienne pas un cimetière» comme le craint Joseph Muscat, le Premier ministre Maltais. Et se demande «combien de morts il faudra encore pour que quelque chose soit fait». «Jusqu’à présent, il y a des déclarations, mais pas grand-chose de plus.»

 

Quant au ministre Français en charge des Affaires Européennes, il se contente de constater et d'assurer que Paris proposera «des moyens d’ordre financier, mais aussi techniques». «On ne peut pas continuer à laisser des hommes et des femmes périr en mer sans réponse collective».

 

A l'Elysée, à Matignon, au Quai d'Orsay ? ...Silence... Lampedusa, c'est loin de la « Rive gauche »...

 

Comment ne pas constater, sur un tel sujet, le contraste de cette absence de l'Exécutif avec l'engagement européen de Nicolas Sarkozy tout au long de son quinquennat... et de sa campagne présidentielle de 2012 !

 

Voici ce qu'il disait à Villepinte en mars 2011, sur la nécessaire protection des frontières de l'Europe :

 

« Si la France a accepté la libre circulation à l’intérieur de l’Europe, c’est pour que les frontières de l’Europe soient mieux défendues et non pas moins.

Au point où nous en sommes arrivés l’Europe doit reprendre son destin en main, sinon elle risque la dislocation. ...

 

...Dans la situation économique et sociale qui est la nôtre, si l’Europe ne maîtrise pas les entrées sur son territoire elle ne pourra plus accueillir dignement ceux qui arrivent, elle ne pourra plus répondre à la demande d’intégration de ceux qui ont tant de mal à trouver leur place dans la société, elle ne pourra plus financer sa protection sociale...

 

Les accords de Schengen ne permettent plus de répondre à la gravité de la situation. Ils doivent être révisés. Il faut mettre en oeuvre pour Schengen une réforme aussi structurelle que celle que nous venons de mettre en oeuvre pour l’Euro.

 

On ne peut pas laisser la gestion des flux migratoires entre les seules mains des technocrates et des tribunaux. Les décisions d’entrée sur notre territoire doivent être l’expression d’une volonté politique décidée par la souveraineté nationale.

 

... Il faut une discipline commune dans les contrôles aux frontières comme il y a une discipline commune en matière de finances publiques dans la zone Euro.

 

Il faut pouvoir sanctionner, suspendre ou exclure de Schengen un État défaillant comme on peut sanctionner un État de la zone Euro qui ne remplirait pas ses obligations.

 

Il faut des instruments de gestion des crises qui permettent d’assister les pays confrontés à des circonstances exceptionnelles et un front commun dans la lutte contre l’immigration clandestine.

 

Comme pour l’économie, il faut une convergence renforcée en matière de droit des étrangers et de droit d’asile.

Il y a urgence car il n’est pas question que nous acceptions de subir les insuffisances de contrôle aux frontières extérieures de l’Europe. Je suis décidé à m’engager totalement pour que ces principes soient mis en oeuvre parce que c’est la seule façon d’éviter l’implosion de l’Europe. Mais si je devais constater que dans les douze mois qui viennent, il n’y avait aucun progrès sérieux dans cette direction, alors la France suspendrait sa participation aux accords de Schengen jusqu’à ce que les négociations aient abouti.

 

Je crois à la logique des droits et des devoirs. Je crois aux valeurs de la solidarité mais en complément de celles de la responsabilité. L’Europe ne peut être un ventre mou, un espace ouvert à tous les vents. L’Europe doit redevenir un idéal, une volonté, une protection.

 

La libre circulation, oui.

Les flux migratoires incontrôlés, non... »