Décès d’Hélie Denoix de Saint Marc

Hélie de Saint-Marc honoré par le Président Nicolas Sarkozy
Hélie de Saint-Marc honoré par le Président Nicolas Sarkozy

Avec la disparition d’Hélie Denoix de Saint Marc, c'est un grand Français qui nous quitte. Un homme qui a affronté, avec une admirable dignité et une profonde humanité, les grandes tragédies subies par notre pays depuis la seconde guerre mondiale.

 

Guidé par un sens aigu du devoir et de l’honneur, à 19 ans, il était entré dans la Résistance. Déporté puis miraculé des camps de la mort, il était resté marqué dans sa chair et dans son âme par la barbarie nazie.

Officier de la Légion étrangère, combattant lors des guerres d’Indochine puis d’Algérie, il a vécu en première ligne les drames de la décolonisation. Il ne pouvait pas supporter d'abandonner à un sort périlleux ceux qui avaient fait le choix de la France, notamment les harkis.

Son choix de s’engager dans le putsch en Algérie a été condamné. Cette vie de soldat, tiraillé par sa conscience, prouve combien les tragédies de l’histoire invitent à l'humilité et au refus du manichéisme.

 

Hélie Denoix de Saint-Marc était aussi la preuve que seul le pardon permet de surmonter les épreuves et de reconstruire la fraternité entre des nations et des hommes qui se sont déchirés jusqu’à l’horreur.

Depuis des années, il se consacrait ainsi, notamment à travers une œuvre littéraire poignante, à la réconciliation entre la France et l’Allemagne ainsi qu’à l’apaisement des mémoires de tous ceux qui ont eu à souffrir de la guerre d’Algérie.

Condamné à de la prison après le putsch d’Alger, puis amnistié par le Général de Gaulle, il avait été progressivement réhabilité par tous les présidents de la Vème République, dont Nicolas Sarkozy qui l’avait décoré des insignes de grand-croix de la Légion d’honneur en novembre 2011. La République est particulièrement grande quand elle sait pardonner.